Les français sont des ânes ! Ils accusent le bourreau, mais adulent la guillotine !

Globalement, la masse des français ont pris conscience de la catastrophe européenne. Mais selon un sondage publié par les Échos hier, elle serait attachée voir très attachée  à l’euro à 72% sans rendre compte que la monnaie commune est la mâchoire du piège…

La monnaie commune est l’instrument de transmission de la servitude, pas de la prospérité et encore moins de la dignité.

Ce que tout le monde oublie et que rappelle fort utilement BB dans l’édito qui suit c’est que cet amour inconditionnel de l’euro a mis les Grecs à genoux et les ont plongés dans la misère.  

Ici, j’ouvre une parenthèse pour vous conseiller vivement de lire avec attention l’article qui suit, même si il est long.  Nous ne sommes pas un fast blog, comme il existe des fast food. Les gros titres, c’est bien pour les chiens écrasés, mais si on veut comprendre un monde aussi complexe que le nôtre et arrêter de se faire empapaouter – pour ne pas dire autre chose –  ça demande un petit effort !

Je relève que 44% des « très attachés » font partie du 3ème âge, voir 4ème âge qui « craignent pour leur épargne » en cas du retour au franc.

Ce n’est pas étonnant, ce sont les moins assidus à rechercher l’info sur le net et les plus touchés par la propagande officielle vomie 24h sur 24 par la boite à cons. 

Parce que s’ils s’informaient, ils sauraient que des économistes tout à fait sérieux au CV long comme le bras (y compris Joseph Stiglitz  prix Nobel d’économie) parient sur  la fin quasi certaine de cet euro qu’ils aiment tant !  Ils ignorent probablement qu’une loi européenne scélérate permet de piocher dans l’épargne des européens en cas de crise au-dessus de 100.000 euros (cf l’article de Business Bourse repris par les M.E.) et qu’enfin, leur chère assurance-vie est menacée de blocage ou pire, de pillage par l’État en cas de problème…

En résumé, ils se cramponnent à  un euro qui risque de les dépouiller bien plus sûrement qu’un retour à la souveraineté monétaire qui, si elle provoque quelques remous provisoires, peut leur éviter une catastrophe économique qui devient de plus en plus certaine.

Ceci signifie clairement que la bande Macron Fillon, Hamon, Bayrou et j’en passe, qui ne peuvent l’ignorer, vous mentent, tergiversent, vous assènent des demi-vérités pour vous embrouiller le raisonnement et vous faire croire que leur soumission est de la révolte.  Si l’on suit un peu les blogs sérieux d’économie, l’on sait que les banques centrales sont débordées : ces Titanic en puissance ne savent plus quelle politique mettre en place pour éviter l’iceberg.

Avec ce sondage on marche sur la tête. Le problème est que les vieux, (dont je suis) c’est la vague du babyboom et qu’ils ont un poids notable dans l’élection présidentielle. 

Alors, les jeunes, il va falloir vite fait vous mettre au boulot et commencer à informer vos parents et grand-parents sur leurs erreurs de calcul et la propagande qu’ils subissent des eurolâtres qui hantent les couloirs des chaînes de télé tenues par les oligarques.

Ceci dit, et pour des explications beaucoup plus développées et crédibles que les miennes (qui sont celles d’une novice sur le sujet), voici l’édito de Bruno Berthez, économiste, 73 ans,  et des dizaines d’années de recul sur l’évolution de l’économie française et mondiale.

Faites circuler les infos, c’est capital si nous voulons une autre France.

Galadriel

(PS : Toutes nos excuses pour l’inaccessibilité du blog toute la matinée, nous avons eu un problème de serveur)

Et pardon aux ânes que j’adore…

 

Les Français ont perdu les élections ; et vous encore plus…

Article Bruno Bertez du 9 mars 2017

Titre : Les Français ont perdu les élections ; et vous encore plus…

La plupart des candidats justifient leur présence sur la ligne de départ au nom de leur capacité à faire barrage au Front national. Alors que la présidente du FN dominait largement les enquêtes d’opinion jusqu’ici, faisant presque systématiquement la course en tête au premier tour au-dessus des 25%, Macron  passe devant d’une courte tête ce jeudi. Dans un sondage Harris Interactive réalisé pour France Télévision, le chef de file d’En Marche recueille 26% des intentions de vote, contre 25% pour Marine Le Pen.

L’ancien banquier gagne 5% en une semaine. Cette enquête est en effet la première réalisée par cet institut depuis le ralliement de François Bayrou, président du MoDem. François Fillon, toujours plombé par les soupçons et les affaires qui le visent, plafonne autour des 20% (-1%), en troisième position.

Un sondage Odoxa , la semaine dernière donnait Emmanuel Macron en tête du premier tour avec 27%, suivi de marine Le Pen à 25,5%, avec un François Fillon éliminé au premier tour à 19%.

Les Français ont perdu les élections ; et vous encore plus…

Pareil titre mérite évidemment une explication. Lorsque nous disons que les Français ont perdu les élections présidentielles de 2017, nous voulons signifier que les habitants de ce pays que l’on appelle La France ont subi une défaite que l’on peut qualifier d’historique ; il s’agit d’une reddition. L’Allemagne va pouvoir prendre le contrôle pacifique des leviers de commande essentiels du pays.

Lorsque nous disons « et vous encore plus », nous nous adressons plus spécifiquement à nos lecteurs. En effet, nous nous doutons que leur fidélité exceptionnelle et le temps passé proprement colossal sur nos articles signifient que, pour l’essentiel, ils partagent nos préoccupations. Nos préoccupations sont des préoccupations de dignité, de liberté, d’autonomie. En bref, notre préoccupation politique se résume en un seul mot : « la souveraineté ». Celle  du peuple français. Attention, nous n’utilisons absolument pas le sens de souveraineté ou le concept de souverainisme dans le même sens que les leaders politiques qui se donnent cette étiquette. Eux sont souverainistes pour la Nation française, un concept abstrait ; nous, nous sommes pour un souverainisme concret qui est celui des Français, ceux qui existent, ceux qui vivent, ceux qui travaillent. Les souverainistes nationaux récupèrent l’idée du suffrage universel et de la souveraineté du peuple pour exercer un pouvoir sur le peuple. Nous, nous sommes pour le renversement de cette perspective, c’est-à-dire pour un retour à la souveraineté concrète des gens d’ici.

Ceci étant posé, l’évolution des derniers sondages censés préfigurer l’élection présidentielle est tout à fait conforme, malheureusement, aux tendances de long terme. Le petit jeu du nom ou de la personnalité des candidats est un attrape-nigaud. En effet, tous les candidats, sauf Marine Le Pen, sont européistes sous une forme ou sous une autre. Ils sont pour le maintien, coûte que coûte, de la construction européenne dans ses grandes lignes et les différences qu’ils affichent sont, soit purement marginales, soit de pure cosmétique. Les différences ne vont pas au-delà du marketing politique. Et c’est même tristement vrai pour Mélenchon qui, sous des dehors anti-allemands, développe une critique circonstancielle, mais, néanmoins, reste attaché aux principes qui sous-tendent la construction européenne.

Les dés sont jetés depuis fort longtemps et si vous lisez les textes que s’échangent entre eux les européistes et leurs Think Tanks, vous vous apercevez que le jeu électoral n’a pas beaucoup d’importance dans leurs réflexions. Certes, ils agitent les épouvantails à l’image de ce qu’ils ont fait pour le Brexit, pour influencer les gens, pour faire peur, mais fondamentalement, ce n’est pas à ce niveau que les choses se jouent.

Depuis le départ, le plan des européistes a été un plan machiavélique et ceci est écrit en toutes lettres, il suffit d’avoir un peu de courage et de se référer aux commentaires qui ont été produits sur les textes fondateurs. Depuis le début, à l’instigation d’ailleurs des Américains, il a été conçu une construction européenne « sur la tête ». Tout le monde peut s’en assurer mais il n’y a qu’Asselineau pour le dire et l’étayer.

Sur la tête, cela signifie qu’il s’agissait dans l’esprit des Américains, d’entamer une construction européenne acceptable a minima par les populations, sous des dehors anodins, libre-échange, monnaie commune, coordination de certains services, mais non pas pour en rester là, mais pour ensuite produire une construction politique. Quand nous disons donc sur la tête, cela signifie que, cyniquement, la construction européenne a démarré comme la célèbre charrue, avant les bœufs, mais avec le projet, tout à fait dissimulé pour les peuples, de les placer dans une situation telle que les progrès accomplis allaient devenir irréversibles.

En un mot, il s’agissait de mettre en place une construction dont on savait depuis le départ qu’elle était brinquebalante, la construction économique, financière et monétaire, pour obliger ensuite, face au chaos et à la multiplication des crises, à une intégration politique de plus en plus forte. Et ce, quasi subrepticement, quasi à l’insu de la conscience des peuples.

Certains se sont étonnés des imperfections de la construction monétaire par exemple. Ce sont des naïfs, personne n’a jamais douté que la construction monétaire, mise en place par Delors et ses comparses, étaient imparfaite, absolument personne. Tout le monde savait qu’elle ne résisterait absolument pas à une situation de récession. Tout le monde savait que la construction n’était que temporaire et que, pour être viable, le monétaire impliquait le budgétaire.

Qu’est-ce que le budgétaire, c’est évidemment la solidarité, c’est-à-dire les transferts au sein de la construction européenne, les transferts des riches vers les pauvres, les transferts des créanciers vers les débiteurs, les transferts des excédentaires vers les déficitaires, les transferts d’épargne des uns vers les investissements productifs des autres. Voilà comment fonctionne une union monétaire et voilà ce que tout le monde savait : il faut transferts, convergence, unification de l’espace.

Une nation dispose de deux outils. Le premier est le monétaire et le second est le budgétaire. La souveraineté s’exerce par le fait de battre monnaie et de lever l’impôt. Si vous mettez en place une construction boiteuse, nous ajouterions sciemment et cyniquement boiteuse, vous savez fort bien qu’un jour ou l’autre il faudra, pour faire face aux difficultés, réunifier les deux outils. Il faudra réunir sous une même autorité le pouvoir de battre monnaie et celui de décider des impôts et de leur affectation.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les européistes et les Américains ont engagé un processus de tromperie. Ce processus consistait à mettre la construction européenne sous ses aspects les plus inoffensifs sur les rails, sachant où ces rails allaient conduire.

L’euro a été un atout considérable, et il faut reconnaître l’intelligence de ceux qui s’en sont servi comme appât. Grâce à l’euro, la plupart des pays ont bénéficié d’avantages importants. Ils ont bénéficié de la stabilité monétaire, ils ont bénéficié de taux d’intérêt extrêmement bas, d’un accès au crédit auquel ils n’auraient jamais pu prétendre auparavant. Tout ceci a favorisé une sorte d’attachement à l’euro. On aime sa monnaie quand elle ne déçoit pas trop dans la vie courante et dans la gestion des affaires personnelles. Il y a un côté rassurant, simple, qui constitue un actif extrêmement important pour cette monnaie.

Les inconvénients de la monnaie ont beau être considérables, ils ne sont pas perçus. Aller faire comprendre à un citoyen lambda que la parité monétaire de l’euro sert l’économie allemande et les Allemands, mais qu’elle dessert l’économie italienne. C’est peine perdue. D’un côté, il y a des avantages pratiques, immédiats, que les citoyens touchent du doigt ; de l’autre, il y a des inconvénients qui sont abstraits, lointains, qui semblent, à la limite même, ne pas les concerner. On a fait en sorte que les peuples vendent leur liberté et leur souveraineté pour un plat de lentilles.

Tout ceci pour dire que l’attachement des Européens à l’euro est considérable. Au nom de cet attachement, on peut quasi tout leur faire avaler. Et nous en venons à nos affirmations de début de texte : la seule chose importante, politiquement, pour la construction européenne, c’est le capital que constitue cet attachement des Européens à l’euro. La force de cet attachement est absolument considérable.

Ainsi, c’est au nom de cette dépendance à l’égard de la monnaie unique que la Grèce a choisi de devenir un pays sous-développé, sans dignité, sans avenir. Tsipras savait qu’il bluffait, que jamais il n’irait jusqu’au bout du rapport de forces avec les élites de Bruxelles, Francfort et Berlin. Il s’est séparé de Varoufakis qui, lui, depuis le départ avait correctement analysé la situation. Varoufakis savait que prix à payer pour le redressement de son pays, c’était le sacrifice de l’euro.

Pour sortir de l’emprise de la dette, de l’emprise de l’Allemagne, de l’emprise de Bruxelles, il faut oser retourner à la monnaie nationale et se résoudre à abandonner la monnaie commune. La monnaie commune est l’instrument de transmission de la servitude, pas de la prospérité et encore moins de la dignité.

Lorsque vous regardez les sondages européens, en particulier tous ceux qui sont faits par de grandes firmes mondiales, comme Pew Research, vous constatez que, même dans les pays les plus en difficultés, même dans les pays les plus détruits par la construction européenne, il subsiste une majorité de la population qui s’exprime en faveur de l’euro. La population ne voit pas l’incohérence entre d’un côté son soutien à l’euro, et de l’autre, le rejet de Bruxelles, le rejet de la Commission, le rejet du diktat allemand. Il y a une sorte de dissonance cognitive en ce domaine. C’est un phénomène classique: on veut les avantages, mais on refuse d ‘en payer le prix. C’est quasi le principe qui sous tend cet attrape nigaud que sont devenues nos démocraties.

Le découpage politique domestique est une sorte de poudre aux yeux. On agite des nuances, on fait chatoyer des promesses, mais l’ensemble des principes qui sous-tendent les programmes convergent vers une chose extrêmement simple : le maintien de l’euro.

Si vous regardez, par exemple, le programme de Hamon qui est un tissu d’imbécilités et d’aberrations budgétaires, vous constatez évidemment qu’il est incompatible avec les Traités. Mais les gens s’en fichent. Il n’y a aucune chance pour que ce programme puisse être compatible avec les engagements français, mais Hamon prétend rester dans l’Europe. Plus européiste même que lui, tu meurs. C’est la dissonance cognitive que nous avons invoquée ci-dessus qui est à l’œuvre. Les fidèles de Hollande, le tonton flingueur de l’Elysée, s’en donnent à cœur joie maintenant en flinguant Hamon, en savonnant sa planche pour diriger les électeurs « raisonnables » du PS vers Macron. Résultat , ils ont cassé la dynamique de sa candidature, Macron monte, Hamon baisse. Les stratèges autour de Hollande s’emploient à marginaliser Hamon.

L’exemple de Hamon est intéressant car il est caricatural. Il adopte une position qui peut passer pour une rupture, alors qu’elle présuppose, dès sa formulation, la soumission. Ce qui est vrai pour Hamon en caricature est vrai également pour Fillon et, bien entendu, pour Macron. Macron se positionne comme le premier de la classe, c’est-à-dire celui qui saura le plus efficacement cornaquer les Français vers la soumission, tandis que Fillon, tout en ayant le même positionnement fondamental, rajoute une petite touche de conservatisme et d’identitaire pour suggérer qu’il n’est pas tout aussi servile que Macron. Le sociétal sans conséquence de Fillon masque mal une soumission économique et politique équivalente à celle de Macron.

Quels que soient les résultats des élections, et c’est là que nous voulons en venir, ce qui importe, c’est simplement qu’elles ont lieu, qu’elles soient passées, c’est-à-dire que l’échéance soit derrière nous. L’important pour les européistes, c’est que l’obstacle des élections soit sauté et que les élites aient le champ libre pour mettre en place l’étape que l’Allemagne a choisi d’imposer. Cette étape est commercialisée et « propagandée » sous le nom « d’approfondissement de l’Europe ».

Une remarque préliminaire, lors des dernières élections européennes, un peu partout les citoyens ont voté pour demander moins d’Europe, et ce qui a été décidé par les élites, immédiatement après, c’est le contraire, plus d’Europe.

Qu’est-ce que l’approfondissement de la construction européenne ? C’est ce que nous avons dit au départ, la mise en place du second pilier qui lui permet de tenir, le pilier budgétaire. Donc l’approfondissement de l’Europe, c’est un moyen de s’écarter encore plus des illusions de souveraineté nationale et de se rapprocher d’une construction politique.

Chacun sait que le budget, c’est-à-dire les recettes et les dépenses c’est ce qui est important. Eh bien, cet outil de la souveraineté, Schauble a choisi de le retirer des mains des politiciens ex-nationaux. D’abord, cet outil a été encadré par des normes dans les textes inauguraux,  ensuite il y a eu des engagements renouvelés dans le  Traité ratifié scélératement par Hollande. Mais cela n’a pas suffit, car l’obligation de conformité est très difficile à mettre en œuvre. Les observations de la Commission, tout le monde s’en fiche, les réprimandes de Schauble ne sont pas écoutées. Il faut donc passer plus loin. Il faut s’orienter vers une sorte de Ministre du Budget européen. Sous quelque nom que ce soit, le projet d’approfondissement tourne autour de cette idée, le dessaisissement budgétaire des politiciens nationaux. On ne peut leur faire confiance pour augmenter les recettes, pour réduire les dépenses. On ne peut leur faire confiance pour mettre en place des politiques qui seraient, pour eux, suicidaires. Car la réalité de nos démocraties est celle-là, les politiciens achètent leurs élections. Donc il faut vider la démocratie de ses derniers contenus.

Suite de l’article avec son analyse sur les chances d’être élue de Marine Le Pen :

Les Français ont perdu les élections; et vous encore plus…Le faux pas de Marine.

 

Si ça vous a intéresse et que avez encore du temps et du courage, une suite est donnée dans son éditorial du jour, très bien argumenté et qui ne manque pas de vigueur non plus :

https://brunobertez.com/2017/03/10/editorial-quitter-leuro-une-imbecilite-mais-la-conquete-pacifique-cest-fini/

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