Agir : proposition de première étape

Nous avons eu dernièrement avec Galadriel (qui va aussi bien que possible avec cette chaleur au passage) une grande discussion téléphonique  où nous avons encore approfondi le bilan de cinq années de Brindherbes engagés. Discussion qui faisait écho pour moi à la lecture en cours d’un petit livre de Théodore Monod « Et si l’aventure humaine venait à échouer » et pour elle à l’étude de la civilisation irlandaise du 5e siècle.

Avec le recul de ces cinq riches années, notre réflexion était que les gens changent que lorsque le moment est venu, les conditions remplies. A l’image d’une graine qui ne germe que lorsque les paramètres favorables sont réunis. Ainsi les changements ne nous appartiennent pas, nous ne pouvons en être que les humbles messagers. Et ne nous leurrons pas, vouloir changer ce monde en fonction de notre éthique, si juste puisse-t-elle être, est une utopie. Comment un petit blog anonyme pourrait-il réussir là où Gandhi, Krishnamurti, Monod et tant d’autres, avec des moyens intellectuels que nous n’avons pas, n’ont été que des messagers, des occasions pour le reste du monde de prendre ses responsabilités ? Je repense à cette citation du Dalaï-Lama : « Si tu veux connaître quelqu’un regarde ce qu’il fait au lieu d’écouter ce qu’il dit. »

Ainsi, après avoir tant et tant averti, dénoncé, espéré, ils ne nous restait finalement qu’à témoigner de nos propres changements, des clefs que nous avions découvertes tout en gardant à l’esprit que ces fameuses clefs ne pouvaient bien être à notre seul usage.

Nous sommes tombés d’accord sur un point fondamental qui est le suivant : le changement commence à l’intérieur. La phrase qui m’est venue est :

Qui se change soi-même, change le Monde.

En effet, toute notre perception du monde extérieur provient de nos schémas intérieurs. Ce sont eux qui conditionnent notre vision du monde et finalement créent notre perception des événements. Comme un ping-pong incessant entre notre mémoire, nos conditionnements et les stimulations de l’instant présent.

En conséquence, notre premier travail n’est-il pas de faire à minima une observation de nos fonctionnements internes ?

« Connais toi toi-même » disait Socrate. C’est si simple que peu de monde n’y fait attention pendant que beaucoup n’hésiteraient pas à s’en gausser, à s’en moquer diraient les plus jeunes.

Notre société nous impose un rythme tellement effréné que les gens passent leur vie à courir sans prendre le temps des conséquences.

Ainsi, nous vous proposons un petit exercice tout simple qui nous a permis à tous les deux des avancées intéressantes dans notre processus de changement et d’amélioration de notre quotidien.

Il s’agit seulement de prendre le temps d’accorder un peu d’attention, on va dire cinq minutes, à nos cinq sens, les uns après les autres. Vous pouvez trouver cela dérisoire au premier abord et pourtant c’est par là que passe toutes vos interactions avec le monde extérieur. Sans vos cinq sens, il ne vous reste que la pensée qui tourne en boucle sur elle-même. C’est par là que passent toutes informations à votre disposition pour exercer une action sur votre environnement. De la qualité de la perception de vos cinq sens va dépendre la qualité des informations dont vous disposez pour agir et votre capacité à proposer une action juste aux stimulations du monde extérieur. Essentiel, Est-Sens-Ciel, si vous permettez le jeu de mots.

Prendre le temps de se trouver un endroit calme si possible dans la Nature, de s’adosser à un arbre ou à un rocher et de commencer :

D’abord la Vue, il s’agit de notre sens prépondérant qui mobilise une grande partie de notre attention. Observez les jeux de lumière, explorez les vues panoramiques et les focalisations sur des endroits précis. Observez la Vie sous ses multiples formes plus ou moins animées. Ne vous laissez pas distraire par les sons environnants ou d’autres sensations. Soyez votre vue, soyez ce que vous regardez.

Passez à l’Ouie, cela peut aider de fermer les yeux, tant le regard est propre à nous distraire. Écoutez intensément. Le bruit du vent, des animaux, de la vie humaine plus ou moins proches. Quand vous êtes installés dans cette écoute, réouvrez les yeux et essayez de lier des sons précis avec leurs manifestations physiques.

Ensuite, concentrez votre attention sur le sens du Toucher. La sensation du soleil, du vent, de la pluie sur votre peau, ôtez vos chaussures, prenez le temps de toucher ce qui se trouve autour de vous, laissez aller votre curiosité toute respectueuse à votre environnement. Sentez les mouvements de vos muscles, le toucher peut être intérieur également.

Sentez à présent les odeurs qui vous entourent, comment elles se mélangent ou restent distinctes. Sentez votre propre odeur, comment elle vous parle de vous, comment chaque odeur parle de ce dont elle émane.

Finalement, Goûtez. Découvrez le goût de l’air qui entre en vous. Si vous avez quelque chose à manger ou une plante comestible à proximité, prenez le temps de le savourer.

 

Une fois effectué le tour de vos cinq sens, prenez encore un peu de temps pour observer l’ensemble et revenir tranquillement à vos occupations.

Si vous prenez ne serait-ce que quelques minutes pour chaque sens, une à deux fois par semaine, vous verrez votre relation au monde s’aiguiser et se transformer rapidement vers quelque chose de nouveau, votre esprit s’éclaircir et votre quotidien rendre une tournure autre …

A vous de jouer …

 

 

 

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