LE MARTYR SANS FIN DU PEUPLE D’IRAK

213 morts et 200 blessés tel est le bilan encore provisoire de l’attentat meurtrier qui a frappé un quartier chiite irakien dimanche dernier. Quasi black out dans les médias. Pas de tour Eiffel allumée, deux phrases dans les JT, rien ou presque..  Une honte !

Un petit retour sur l’histoire :

Le long calvaire des populations irakiennes a commencé en 1991 avec « Tempête du Désert », une opération coup de poing qui a vu s’abattre sur le pays 88500 tonnes de bombes.

En mars 2003 l’opération « Liberté Irakienne » (quelle cynisme !), est déclenchée, guerre « préventive » montée par Georges Bush et ses alliés sur le mensonge énorme des armes de destruction massive qu’aurait soit disant possédées Sadam Hussein, et dont on a à ce jour  jamais retrouvé la moindre trace. Le tyran déboulonné, le pays tombe dans le chaos d’une guerre civile milicienne et les américains incapables de gérer le désastre se désengagent  à partir de 2009 pour finir par abandonner définitivement le pays en 2011.

Si Saddam ne possédait pas d’armes de destruction massive, les envahisseurs de la coallition en possédaient, eux.  En plus des armes « classiques » les malheureux irakiens eurent droit aux pires moyens de destruction : armes au phosphore blanc et à l’uranium appauvri  . Les ravages humains de ces horreurs firent l’objet d’un rapport de l’OMS qui ne fut jamais publié. Nous en avons parlé à l’époque dans un article dont les horribles photos portent un témoignage accablant de ces atrocités (1)

On se rappellera qu’outre les conséquences de  cette « sale guerre propre » les sanctions de l’Onu contre l’Irak après 1991 et jusqu’à la seconde guerre en 2003, ont tué, chiffres de la FAO, 576 000 enfants.  Entre 2002 et 2005, les États-Unis ont tiré en Irak 6 milliards de balles et largué 2 000 à 4 000 tonnes de bombes sur les villes irakiennes, qu’elles ont  empoisonnées avec leur composant d’uranium, de mercure, de plomb neurotoxique ou autres métaux toxiques. En 1991, la quasi-totalité des infrastructures comme les hôpitaux a été détruite,  le reste le fut en 2003. Le pays se situe actuellement parmi les plus pauvres du monde en terme de santé publique alors qu’avant 1999, il figurait dans les premières places du classement  OMS. (2)

Puis les combats entre  milices sunnites et chiites, djihadistes et maintenant Daesh, prirent le relai de l’horreur.

Les attentats qui ont touché seulement Bagdad ont été répertoriés sur une carte et voilà ce que cela donne (3) :

Comment ne pas être émus ? Sommes-nous donc devenus des barbares nous-mêmes ? 

Je vous propose pour compléter ce propos le billet emprunt d’humanité  de ce journaliste de Marianne qui analyse très bien les raisons de notre indifférence à ce drame humanitaire qui dure depuis 13 ans.

13 ans d’enfer pour cette population qui ne nous avait rien fait. Son seul tort était d’être riche en pétrole et de ne pas plaire à Israël (4)

Attentat de Bagdad : le martyre irakien

Ne fermons pas nos cœur à la compassion, ne détournons pas les yeux, ces gens et toutes les populations civiles martyres, du Donbass à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient et autres petits conflits négligés par des médias qui préfèrent baver des heures sur 22 types qui se passent la baballe, ont besoin de savoir que des hommes dignes et généreux pensent à eux. Beaucoup de messages se transmettent par des chemins invisibles.

Galadriel

SOURCES

(1) https://lesbrindherbes.org/2015/02/03/le-rapport-cache-de-loms-sur-les-crimes-us-en-irak/

(2) https://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog/150613/uranium-appauvri-un-vrai-scandale-une-vraie-horreur

(3) http://www.wendy-leblog.com/2016/07/bagdad-10-ans-dattentats.html

(4) http://reseauinternational.net/les-incroyables-predictions-dhenry-kissinger/