Un ex-courtier de Goldman Sachs arrêté pour une fraude à 8 milliards de dollars

Un ancien courtier de la banque d’affaires Goldman Sachs a été arrêté mercredi 3 avril à New York, accusé d’avoir mis en place un stratagème pour dissimuler quelque 8 milliards de dollars de paris sur des contrats à terme, ont indiqué des représentants de la police fédérale.

Matthew Marshall Taylor « est aux mains du FBI », la police fédérale américaine, « depuis tôt ce matin », a déclaré une source proche du dossier. M. Taylor doit se présenter devant un juge mercredi pour des accusations « ayant trait à un stratagème qui lui a permis d’accumuler et de dissimuler des positions non autorisées s’élevant à 8 milliards de dollars dans un compte de courtage qu’il gérait chez Goldman Sachs ».

A la suite de cette audition, M. Taylor a plaidé coupable, selon un document de justice diffusé mercredi. Il risque théoriquement une peine maximale de vingt ans de prison et une amende de 250 000 dollars. S’il avoue sa culpabilité, il purgera une peine de prison de trente-trois à quarante et un mois, et devra régler une amende de 7 500 à 75 000 dollars en plus de la restitution des fonds indûment gagnés, selon ce document.

1,5 MILLION DE DOLLARS D’AMENDE POUR GOLDMAN SACHS

Au mois de novembre, la CFTC, l’organisme de supervision des marchés américains des contrats à terme et dérivés, avait porté plainte contre M. Taylor, l’accusant d’avoir trompé son employeur en « occultant intentionnellement […] la taille énorme [de ses paris], les risques, bénéfices et pertes potentielles associés » aux positions qu’il avait prises sur le marché des dérivés.

Le 13 décembre 2007, au plus fort de la fraude de M. Taylor, il avait « accumulé environ 8,3 milliards de dollars de positions d’achat » sur des contrats à terme adossés à l’indice Standard & Poor’s 500, avait alors détaillé la CFTC, l’accusant d’avoir causé à Goldman Sachs une perte de 118,4 millions de dollars. Au mois de décembre, la CFTC avait ordonné à Goldman Sachs de payer 1,5 million de dollars pour ne pas avoir été capable « de superviser correctement ses employés pendant plusieurs mois fin 2007″.

Source : lemonde.fr