Société : Seriez-vous atteint par le syndrome de Noé ?

Rassurez-vous, je ne pense pas que ce soit votre cas, pour un raison très simple : Si ce syndrome appelé également « animal haording » peut atteindre tout un chacun, statistiquement il touche essentiellement les femmes seules agées de 60 ans et plus….   Je subodore que ce n’est pas l’essentiel de nos lecteurs. 😀

Cette maladie nous intéresse cependant en ce qu’elle est un phénomène liée à la maltraitance animale, qui mérite un signalement et des soins psychologiques ou psychiatriques. Peut-être connaissez-vous des cas prêt de chez vous ?

Explication :

Animal hoarding

 

Le syndrome de Noé, version française du animal hoarding, voila un bien trop joli nom pour un mal aux conséquences si laides pour les animaux qui en sont victimes (souffrance, contagion, faim, agonie …).
Il évoque le mythe de l’arche. Quelle ironie pour une pathologie qui se traduit par une obsession compulsive pour détenir des animaux dans des conditions malsaines qui mettent leur intégrité physique et morale en péril jusqu’à causer leur mort.
Pour les animaux victimes du syndrome de Noé, le déluge est à l’intérieur des murs et le salut loin de l’esprit dérangé de leur « sauveur ».

Trop souvent, la société est attendrie par ces Noé dépassés, tourne le regard pudiquement, tergiverse sur l’intolérable, excuse l’inacceptable, de peur de blesser la sensibilité d une personne qui a cru bien faire.
Cette réaction loin d’être bienveillante est lâche.

C’est vrai ces personnes sont malades et doivent être aidées, mais leurs victimes ? Pourquoi la société ne s’émeut-elle pas de ces animaux pris au piège de ces arches de pacotille et quisouffrent l’indicible ? Pourquoi leur souffrance est-elleinvisible malgré leur nombre, le bruit, l’odeur …Parce que la société ne les regarde pas dans les yeux.
Il faut croiser leur regard, rien qu une fois, pour comprendre l’étendue du mal qui leur est fait, la profondeur de leur souffrance, la cruauté de leur présent et l’inexistence de tout futur. Voyez ces regards. Lisez dans ces yeux :

Laissez Balu vous raconter ces années de pure angoisse, terré au fond d’un box dans ce refuge hoarder qui nous préoccupe.
Ses yeux exorbités de terreur vous expliqueront sa condamnation à perpétuité. Sans aucune chance d’adoption, sans le minimum de contact avec les humains, sa seule délivrance possible ne peut venir que d’une des nombreuses maladies qui traînent dans ce lieu malsain.

Et voici le même Balu APRES notre sauvetage ! Quelle transformation ! Mais pour lui, pourtant, ce n’est pas terminé. Bien qu’il soit sauvé, il lui faudra encore du temps pour se reconstruire totalement. Si physiquement, il va bien, psychologiquement, il lui reste de nombreuses séquelles conséquences de son enferment prolongé.

LE ANIMAL HOARDING, UNE VERITABLE PATHOLOGIE :

Il s’agit d’une pathologie, qui touche majoritairement les femmes (plus de 70% des cas). C’est un besoin compulsif d’obtenir et de contrôler des animaux, associé à un deni de leur souffrance.

Au niveau mental, les psychiatres relèvent plusieurs pathologie typiques chez les « hoarders » :

– Troubles obsessionnels complusif : c’est la cas le plus courant quand on parle de hoarding.
Ils se sentent investis d’une mission qui est celle de protéger les « pauvres » animaux et leur réponse est d’accumuler les animaux pour en sauver le plus possible.
Malheureusement ils ne se rendent pas compte que cette mesure est totalement irréaliste.

– Troubles délusionnels : les hoarders perdent le sens de la réalité. Ils n’ont pas consciences qu’ils ont trop d’animaux et encore moins qu’ils les font souffrir. Il nie le fait qu’il y a quelque chose qui ne va pas.
De plus, ils pensent souvent qu’ils ont un don pour communiquer avec les animaux, comprendre leurs souffrances, et qu’ils ont un talent pour les aider. C’est pourquoi ils rejettent très souvent l’aide des autres.

– Troubles de l’attachement : ils éprouvent un amour inconditionnel pour leurs animaux, et les antropomorphisent souvent, les considérant parfois comme des enfants de substitution. Une aide psychiatrique est souvent nécessaire pour comprendre les troubles affectifs à l’origine de cette pathologie.

Beaucoup de hoarders ont le don de s’attirer la sympathie des gens, ce qui est la raison pour laquelle ils arrivent à les tromper et à se faire passer pour des bienfaiteurs de la cause animale.

LES CRITERES DU ANIMAL HOARDING

Il s’agit ici de la liste des principaux critères relevés dans les différents exemples, critères dont la combinaison permet de qualifier les situations rencontrées.

Trop d’animaux :

Il n’y a pas un nombre particulier qui transforme une personne en hoarder et qui fait basculer une situation de surpopulation en hoarding. La personne récupère de plus en plus d’animaux et ne s’aperçoit pas réellement de ce qu’elle en train de faire.
Le nombre est un critère important, mais pas forcément déterminant. Il faut, pour bien appréhender cette question du nombre, prendre en compte les conditions de vie et donc l’habitation (taille, espace confiné, manque de place notamment pour effectuer les quarantaine…).

Quelques exemples (parmis des milliers) pour illustrer :
– un couple de personnes âgées avec 30 chiens dans un appartement de 30 m2,
– en Belgique, une personne âgée vivait avec 35 chiens, 15 chats et plusieurs dizaine de lapins dans une maison où le seul ameublement se réduisait à une paillasse,
– aux Etats-Unis, deux soeurs de 70 ans vivaient avec 48 chats dans un appartement,
– une association (que nous avons visitée nous même) installée dans la maison de 100 m2 de la présidente, avec plus de 150 chats, où plus aucun espace n’était reservé aux humains (nous n’avons pas trouvé une place pour nous asseoir),
– une famille d’acceuil que nous avons également visitée (composée d’une jeune maman célibataire avec un enfant de 2 ans), avec 3 chiens et 15 chats dans un studio de 50 m2.

Le Besoin d’en « sauver » encore plus :

Les hoarders se considèrent comme des sauveurs et le besoin de « récupérer » des animaux est important. Les animaux « accumulés » ont souvent été ramassés dans les rues, sauvés de la mort, abandonnés, acheté malade dans une animalerie et le hoarder peut aisément se persuader qu’il aide les animaux et cultiver cette image aux yeux de l’extérieur.
Il arrive qu’il procède à des adoptions à outrance, ou se propose comme famille d’accueil et l’anonymat des réseaux sociaux (forums, site internet…) lui permet aisément d’y parvenir.
Ces personnes ont besoin de s’attirer la sympathie des gens en se faisant passer pour des sauveurs. Jeter leur dévolu sur des animaux malades ou vieux renforce leur sentiment de faire une bonne action voire un acte de charité.

Le déni de la réalité :

C’est un des critères essentiels et qui rend difficile à la fois le processus d’identification des situations mais aussi la recherche de solutions.
Les hoarders perdent le sens de la réalité et ils ne veulent pas admettre qu’ils sont trop d’animaux et encore moins qu’ils les font souffrir.
Les personnes atteintes se déclarent attachées a leurs animaux, n’envisagent pas de s’en séparer et n’admettent jamais la souffrance que ceux-ci endurent du fait de cette situation : « ils sont mieux chez moi que dehors « .
Elles se prévalent parfois d’une relation particulière avec les animaux et considèrent qu’elles sont les seules capables de les comprendre, elles parlent d’amour et sont souvent regardées comme de « douces illuminées ».
Le déni s’étend au fait que les animaux sont malades et ils ont tendance à minimiser les symptômes.
Le déni s’accompagne souvent du mensonge, notamment concernant le nombre d’animaux, leur état de santé réel.

Le refus de faire adopter ou placer les animaux :

Le refus de placer ou faire adopter les animaux. C’est un trait commun à tous les hoarders : ils refusent de se séparer de leurs animaux et de les faire adopter considérant qu’eux seuls peuvent les aimer et s’en occuper. Ils pensent souvent que les animaux seraient malheureux ailleurs.
Les associations dirigées par des hoarders ne font pas ou très peu d’adoption (les sites internet quand il y en a ne sont pas mis à jour), elles font de constants appels aux dons mais aucune démarche pour « désemplir ». Il y a toujours une bonne raison pour que l’animal ne parte pas.

L’absence d’hygiène et de soins :

Le nombre d’animaux entraîne inéluctablement et rapidement des problèmes d’hygiène qui se transforment souvent en situation catastrophique. Les hoarders dépassés par le nombre d’animaux n’arrivent pas à entretenir les locaux ni à payer les soins nécessaires et souvent la nourriture n’est pas suffisante.
Les problèmes sanitaires sont nombreux, les épidémies sont monnaie courante.
Dans 80% des cas des animaux morts ont été trouvés au domicile du hoarder (voir sujet concernant l’impact du animal hoarding sur les animaux).
Souvent, la négligence envers les animaux s’étend sur le reste (entretien du foyer, relation avec la famille). Le hoarder lui même ne prends pas beaucoup soin de lui et des problèmes d’hygiène sont fréquents.LES CRITERES DU ANIMAL HOARDING

Il s’agit ici de la liste des principaux critères relevés dans les différents exemples, critères dont la combinaison permet de qualifier les situations rencontrées.

LES EFFETS DU HOARDING SUR LA SANTÉ DES ANIMAUX

petite chatte

Cette chatte prise en photo vivait dans une association (avec plus de 150 chats) que nous avons visité. En bonne santé à son arrivée, elle a commencé à ne plus se laver, est devenue apathique.
Elle est MORTE peu de temps après.

Le Animal Hoarding c’est une forme de cruauté envers les animaux.

Le manque de soins :
Le hoarder au regard du nombre d’animaux et/ou du nombre d’animaux malades (phénomène aggravé par la tendance qu’il a à « sauver » des animaux en mauvaise santé) n’est pas en mesure d’assurer les soins nécessaires, soit par manque de moyens financiers soit par l’impossibilité de traiter un si grand nombre d’animaux (par exemple le traitement du coryza qui demande des soins réguliers est impossible à mettre en oeuvre dans ces conditions).
Dans les cas extrèmes de hoarding, les animaux ne vont même plus chez le vétérinaire.
Les hoardeurs nient souvent le fait que leurs animaux soient malades ou préfèrent les soigner eux-mêmes, persuadés qu’ils sont les seuls habilités à le faire.
Le développement et la transmission des maladies chroniques sont des conséquences inéluctables de ces situations.
Dans le cas de l’association que nous avons visité, la mort soit disant « subite » des animaux était fréquente (la responsable de l’association niant le fait que les conditions de vie des animaux puissent en être la cause).

La surpopulation :
La surpopulation (qui nous le rappelons ne tient pas uniquement au nombre d’animaux mais aussi à l’espace dont ils disposent) augmente le risque de transmission de maladies et d’apparition de maladies d’autant plus que les hoarders ne pratiquent pas la quarantaine.
De plus, la surpopulation ne permet pas d’apporter l’attention et l’affection dont a besoin un animal de compagnie pour vivre (rappellons que dans 65% de cas il s’agit de chats et 60% de chiens), les animaux sont mal socialisés et se replis sur eux-mêmes.

La malnutrition :
Le manque d’eau et de nourriture est classique dans les cas de hoarding (il arrive fréquemment que des animaux soient retrouvés morts de faim ou de soif). De plus la malnutrition augmente considérablement le risque de maladies.

Malheureusement ces animaux malades sont souvent condamnés. Et quand une intervention permet de les retirer, ils sont souvent inadoptables en raison de leur état de santé, du risque sanitaire que cela représente, et de leur manque de socialisation (particulièrement chez les chiens et les chats).
http://droit-animal.e-monsite.com/pages/adpa/animal-hoarding.html