La Suisse va diminuer ses livraisons de sang à la Grèce

Le Service suisse de transfusion sanguine livre depuis des années du sang à la Grèce pour des raisons humanitaires. Mais il va réduire drastiquement ce commerce car Athènes n’arrive plus à payer ses factures.

La Suisse envoyait jusqu'ici près de 30'000 sachets de sang à la Grèce.

Près de 250’000 personnes donnent gratuitement leur sang en Suisse chaque année. Mais ce sang n’est pas destiné qu’aux hôpitaux. Une partie du précieux liquide rouge est vendu par le Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge, responsable de l’approvisionnement en Suisse, à l’industrie pharmaceutique et… en Grèce.

En effet, selon le Tages-Anzeiger lundi, environ 10% des dons de sang en Suisse sont stockés à titre de réserve d’urgence et ne sont donc pas utilisés par les hôpitaux et la pharma. Du coup, le Service de transfusion sanguine envoie les excédents qui arrivent à expiration à la Grèce.

Un commerce qui existe depuis bientôt 40 ans

Ce commerce avec Athènes a débuté dans les années 70, rapporte le journal alémanique. Il a pour but une raison essentiellement humanitaire. En effet, quelque 10% de la population grecque souffre de thalassémie, ou«anémie méditerranéenne», qui provoque chez les malades une déficience dans la synthèse des globules rouges.

Mais cette aide va être réduite drastiquement. Selon le Tagi, la Grèce, déjà surendettée, n’arrive plus à payer ce sang et des factures non payées pour plusieurs millions de francs se seraient accumulées. Cette dette a été réglée aujourd’hui, selon Rudolf Schwabe, directeur du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge, mais du coup, le service a décidé de limiter les risques financiers en limitant les envois de sang.

Réduction de moitié

Aujourd’hui la Suisse envoie chaque année entre 25’000 et 30’000 sachets de sang de 220 à 300 ml de sang à Athènes, pour un montant total estimé à 5 millions de francs. Le nouveau contrat avec la Grèce, signé avec le Ministère de la Santé il y a 2 mois, prévoit une réduction progressive de moitié de cet approvisionnement.

En contrepartie, le Service de transfusion sanguine a décidé de mettre à disposition de la Grèce son savoir-faire en la matière afin qu’Athènes développe à son tour ses propres infrastructures pour récolter du sang. Les employés grecs seraient ainsi formés en Suisse. Berne pourrait aussi mettre à disposition un véhicule équipé.

Problème sanitaire

Cette réduction dans l’approvisionnement en sang risque de poser un gros problème à la Grèce. La Suisse est en effet le seul pays à y exporter le précieux liquide rouge. Or, selon des experts sanitaires, la situation sur le terrain est chaotique. Le pays gère en effet mal le stockage du précieux fluide et les malades doivent souvent se débrouiller eux-mêmes aujourd’hui pour trouver des donneurs au sein de leurs familles ou de leurs amis.

La situation risque d’aller en s’empirant, d’autant que de plus en plus de gens ont besoin de transfusion, le pays était plus touché que ses voisins par la thalassémie. Mais le Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge estime que la réduction des dons de sang suisse est dans l’intérêt de la Grèce puisque pour s’en sortir, elle sera obligée de développer ses propres infrastructures et ne sera donc plus dépendante de l’étranger.

Source : http://www.tdg.ch/suisse/suisse-diminuer-livraisons-sang-grece/story/29837409

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